a la recherche du savoir dissimulé dans le crane

MichaelSchumacher, septuple champion du monde de Formule 1 a dû se relever, en deux mille treize, d’un grave accident de ski dans la station de Méribel. Il y a quelques jours, c’est un célèbre Leparcours initiatique du Bwete Misɔkɔ inclut la transmission d’un savoir secret qui dépasse largement le seul savoir-faire thérapeutique. Tout initié doit ainsi en passer par un jesuis un etudiant camerounais j'ai un bac electronique jaimerais apprendre la programmations des pics et c'est pour cela que jaimerais savoir si quelqu'un peu m'aider en me donnant le livre suivant au format pdf '' Les microcontrôleurs PIC pour les débutants qui veulent programmer sans patauger'' de remy mallard Entreles murs aseptisés de Clinatec, des hommes armés de fusils à pompe, gilet par balle sur le dos, avancent dans les couloirs. Ils évacuent les agents du CEA de leur propre clinique. Nous sommes le 27 janvier 2016. L’intervention est digne d’une attaque terroriste et les armes portées par la FLS — la force locale de sécurité Leparcours initiatique du Bwete Misɔkɔ inclut la transmission d’un savoir secret qui dépasse largement le seul savoir-faire thérapeutique. Tout initié doit ainsi en passer par un enseignement initiatique proprement interminable : il s’agit moins en effet de la transmission d’un corpus unifié de connaissances partagées que d’un type spécifique de discours et d’interaction nonton film nenek gayung full movie lk21. Pilotell - Mort de Raoul Rigault Un romancier Armand Lanoux qui n’a pas bien compris ce que pouvait être l’ambiance, le 24 mai 1871, rue Gay-Lussac, raconte que le caricaturiste Pilotell, commissaire de la Commune et évidemment menacé lui-même, est venu ce jour-là dessiner le cadavre de Rigault, chef de la Sûreté, sur place. Il y a en effet une eau-forte de Pilotell qui représente la mort de Raoul Rigault. Raoul Rigault, le procureur de la Commune, a été fusillé ou plus simplement exécuté d’une balle dans le crâne, rue Gay-Lussac le mercredi 24 mai 1871. Les Versaillais avaient conquis le quartier latin. J’ouvre une parenthèse pour signaler une étonnante erreur de Tardi, qui a pourtant dessiné un Paris communard extrêmement touchant et précis pour un scénario que je ne trouve pas à la même hauteur. Sur une de ses vignettes, on voit un Panthéon surmonté d’une croix. Les branches de la croix avaient été sciées le 31 mars et le montant vertical restant était devenu la hampe d’un immense drapeau rouge, comme on le voit d’ailleurs dans le même livre quelques pages plus loin. Je referme la parenthèse et reviens à Raoul Rigault. Maxime Vuillaume, avant d’être arrêté et conduit à la cour martiale du Luxembourg, est passé par là le lendemain matin à 7 heures. Partout des morts. Morts de la veille, morts de la nuit, morts du combat ou de la fusillade. Au pied du haut mur du couvent des Dames-Saint-Michel, au carrefour de la rue Saint-Jacques, toute une file de morts. Les faces cachées sous une couche de paille sanglante. Des morts encore contre la maison étroite, au portail ogival, aujourd’hui le numéro 26 de la rue Gay-Lussac. Tout près, adossé au mur de l’institution Lelarge, un cadavre coiffé d’un képi rabattu sur le front. Celui d’un vieillard, le père Philippe, conducteur d’omnibus de la ligne Montmartre-Saint-Jacques. On l’a pris, l’infortuné, pour quelque soldat d’un corps franc. Un rassemblement, en face de la barricade éventrée de la rue Royer-Collard. Hommes, femmes, causant avec animation. Je m’approche. Je jette un regard furtif… Horreur! Un officier fédéré. Un commandant. Étendu. La tunique grand ouverte. La chemise tachée de rouge. Les pieds nus. Les galons des manches arrachés. La tête recouverte à demi d’un linge ensanglanté. Un soldat, qui se détache du groupe, s’agenouille, soulève le linge. Rigault! Rigault, que j’ai quitté la veille, là, à cent pas… Il me semble que tout mon sang, à moi, s’en va. Mes jambes se dérobent… Encore un regard… C’est bien lui… C’est bien sa barbe… raidie de poussière et de sang… Le crâne fracassé… Je presse le pas… Quoi que l’on puisse penser de l’action policière de Raoul Rigault pendant la Commune, il faut signaler qu’il est allé revêtir son uniforme… à un moment où d’autres essayaient de dissimuler le leur. Tous l’ont dit il est mort bravement. Les chaussures enlevées volées et les cadavres pieds nus sont une constante de la Semaine sanglante. Le caricaturiste Pilotell était commissaire spécial de la Commune. Il est passé lui aussi rue Gay-Lussac. Bien évidemment, il ne s’est pas arrêté pour dessiner le cadavre de son ami. La seule chose à faire était de s’éloigner au plus vite, avant d’être reconnu, dénoncé et fusillé. L’eau-forte a été dessinée beaucoup plus tard, à Genève où Pilotell s’était réfugié. Maxime Vuillaume était lui aussi à Genève. Il se souvient… Tous les jours, désormais, je vois Pilotell. Au café du Nord. Au café d’Orient. Au café de la Poste. On passe sa vie au café, condamnés à l’inaction, discutant, disputant, ressassant les mêmes histoires… Est-ce la majorité ou la minorité qui perdit la Commune? Un tel était-il à telle barricade ou n’y était-il pas? Si un tel était, par hasard, un mouchard!… Tristes jours. […] Pilotell dessine. […] Je me vois aussi, dans ma chambre de la rue Guillaume-Tell, étendu de tout mon long sur le carreau, servant de modèle à Pilotell pour son eau-forte de Rigault mort. L’eau-forte a été publiée dans l’album Croquis et Caricatures. Pilotell et Maxime Vuillaume ont reconstitué la position de Rigault, et Vuillaume a posé pour son ami. Comme on le voit sur la reproduction de la gravure, Pilotell a écrit vu le 24 mai 1871 à 5h du soir il a vu, et puis, plus tard, il a dessiné. Maxime Vuillaume a raconté une dernière fois cette mort, avec la précision que Raoul Rigault a été exécuté d’une balle dans la tête par un Versaillais qui ne savait même pas qui il était, dans un article de la revue Floréal en 1921, cette revue et cet article sont sur Gallica, là. Merci à Jean-Pierre Bonnet pour cette précision! à suivre Livres cités Lanoux Armand, La Polka des canons, Grasset 1970, — Le Coq rouge, Grasset 1971. Tardi Jacques et Vautrain Jean, Le Cri du peuple, Casterman 2001-2004. Vuillaume Maxime, Mes Cahiers rouges Souvenirs de la Commune avec un index de Maxime Jourdan, La Découverte 2011. Pilotell, Avant, pendant et après la Commune, Croquis et caricatures à l’eau-forte, Imprimerie Delatre, Londres sans date. Cette macabre découverte concernant un crâne et des os d’enfants a été faite dans la cave d’un immeuble parisien. C’est un gardien qui a trouvé les restes. Photo d’illustration d’un crâne / Crédit Photo Pixabay – elianemey Il y a déjà quelque temps, au mois de février dernier, des personnes avaient découvert sous le sol d’un supermarché du deuxième arrondissement de la capitale plus de 200 squelettes, les résultats de l’enquête avaient permis de déterminer qu’il s’agissait d’ossements qui provenaient d’un ancien cimetière du XIVe siècle. Mais cette fois c’est dans la cave d’un immeuble du XIVe arrondissement de Paris qu’un gardien qui avait décidé de faire un peu de nettoyage a découvert un crâne et des ossements humains. Selon Le Parisien, les premières informations des enquêteurs chargés de l’affaire laisseraient penser qu’il pourrait s’agir d’un crâne d’un tout jeune enfant et d’autres ossements ont été mis en évidence, des os humains de jeunes adultes et d’adolescents. Dans une cave, un gardien découvre des os et le crâne d’un enfant Un anthropologue s’est rendu sur les lieux pour aider les enquêteurs à mettre une date sur les restes humains, selon les premiers renseignements les ossements remonteraient à une période allant de dix à trente ans. Les résultats d’identification devraient prendre quelques semaines avant de connaitre de plus amples renseignements sur ces ossements. Des recherches supplémentaires vont être entreprises pour savoir si d’autres ossements pourraient être encore dissimulés dans le sol de cette cave d’immeuble. On peut lire que sous l’ancien régime, des cimetières avaient été déplacés pour être regroupés par la suite dans la capitale. Le crâne de l’enfant étudié à l’institut médico-légal D’autres hypothèses sont à prendre en compte, un crime non élucidé, une mort accidentelle. L’enquête a été confiée à la brigade de la protection des mineurs BPM de la police judiciaire. Pour l’instant, tout cela reste des hypothèses, le crâne a été transmis à l’institut médico-légal ou il va être étudié pour savoir exactement les circonstances de la mort ainsi que l’âge de l’enfant. Publié le 18/09/2014 à 0731 Le rendez-vous avec l’inspection académique a finalement été avancé à ce mercredi pour la maman de Myriam, cette lycéenne de 17 ans en première ES au lycée Maillol, qui souffre d’une pelade et à qui la direction a refusé lundi l’entrée dans l’établissement avec une casquette pour dissimuler son crâne. Un terrain d’entente semble finalement avoir été trouvé. On a eu un très bon échange. Malgré ce que je craignais, ils m’ont assuré qu’il n’y aurait pas d’autres problèmes. En fait, Myriam pourra porter un bonnet, un bandana… voire une casquette, même à l’envers, du moment qu’elle n’a pas de connotation, ne porte pas de grande inscription et n’est pas susceptible de nuire à l’image du lycée et de l’Éducation nationale, raconte la mère de la jeune fille. J’ai déposé une demande écrite avec un certificat médical et je veux des écrits clairs, c’est tout. Je veux surtout que cette histoire s’arrête. Enfin, je l’ai demandé, aucune sanction ne sera retenue contre les élèves qui ont admirablement soutenu ma fille ». Myriam reprendra donc le chemin du lycée dès ce jeudi matin. Avec une casquette peut-être mais un peu plus passe-partout. En tout cas, libre de son choix. Tous les articles tagués pensées Des Extraits de l’Art du roman » de Milan Kundera Couverture chez Folio Ce livre m’a été conseillé par l’une de mes médecins lors d’une consultation, ce dont je la remercie grandement car ce fut une magnifique lecture, enrichissante, stimulante intellectuellement et donc très plaisante ! Sûrement l’un des meilleurs livres que j’aie lus sur l’écriture, sur la signification de la littérature et ce qu’elle peut nous apporter. En même temps, ce livre est une réflexion sur le monde, sur l’Histoire, sur la culture européenne, sur la psychologie humaine, puisque toutes ces choses sont reflétées par les romans et réfléchies par les romanciers, qui en donnent leur propre plutôt que d’écrire une chronique qui ne ferait que paraphraser maladroitement Kundera, je préfère recopier ici quelques extraits de ce livre, en espérant qu’ils vous donneront envie d’en savoir plus ! J’ajoute que j’ai lu L’Art du roman » dans le cadre du Mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran. Note pratique sur le livre Genre essaiAnnée de première parution 1986, chez GallimardEditeur en poche FolioNombre de pages 193 Note sur l’auteur Milan Kundera, né le 1er avril 1929, est un écrivain tchèque naturalisé français. Ayant émigré en France en 1975, il a obtenu la nationalité française le 1er juillet 1981, peu de temps après l’élection de François Mitterrand. Source Wikipédia. Un Extrait page 29 … Le roman comme toute la culture se trouve de plus en plus dans les mains des médias ; ceux-ci, étant agents de l’unification de l’histoire planétaire, amplifient et canalisent le processus de réduction ; ils distribuent dans le monde entier les mêmes simplifications et clichés susceptibles d’être acceptés par le plus grand nombre, par tous, par l’humanité entière. Et il importe peu que dans leurs différents organes les différents intérêts politiques se manifestent. Derrière cette différence de surface règne un esprit commun. Il suffit de feuilleter les hebdomadaires politiques américains ou européens, ceux de la gauche comme ceux de la droite, du Time au Spiegel ; ils possèdent tous la même vision de la vie qui se reflète dans le même ordre selon lequel leur sommaire est composé, dans les mêmes rubriques, les mêmes formes journalistiques, dans le même vocabulaire et le même style, dans les mêmes goûts artistiques et dans la même hiérarchie de ce qu’ils trouvent important et de ce qu’ils trouvent insignifiant. Cet esprit commun des mass media dissimulé derrière leur diversité politique, c’est l’esprit de notre temps. Cet esprit me semble contraire à l’esprit du du roman est l’esprit de complexité. Chaque roman dit au lecteur »Les choses sont plus compliquées que tu ne le penses. » C’est la vérité éternelle du roman mais qui se fait de moins en moins entendre dans le vacarme des réponses simples et rapides qui précèdent la question et l’excluent. Pour l’esprit de notre temps, c’est ou bien Anna ou bien Karénine qui a raison, et la vieille sagesse de Cervantes qui nous parle de la difficulté de savoir et de l’insaisissable vérité paraît encombrante et inutile. … Un Extrait page 57 … En effet, il faut comprendre ce qu’est le roman. Un historien vous raconte des événements qui ont eu lieu. Par contre, le crime de Raskolnikov n’a jamais vu le jour. Le roman n’examine pas la réalité mais l’existence. Et l’existence n’est pas ce qui s’est passé, l’existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l’homme peut devenir, tout ce dont il est capable. Les romanciers dessinent la carte de l’existence en découvrant telle ou telle possibilité humaine. Mais encore une fois exister, cela veut dire être-dans-le-monde ». Il faut donc comprendre et le personnage et son monde comme possibilités. Chez Kafka, tout cela est clair le monde kafkaïen ne ressemble à aucune réalité connue, il est une possibilité extrême et non-réalisée du monde humain. Il est vrai que cette possibilité transparaît derrière notre monde réel et semble préfigurer notre avenir. C’est pourquoi on parle de la dimension prophétique de Kafka. Mais même si ses romans n’avaient rien de prophétique, ils ne perdraient pas de leur valeur, car ils saisissent une possibilité de l’existence possibilité de l’homme et de son monde et nous font ainsi voir ce que nous sommes, de quoi nous sommes capables.… Un Extrait page 186 … Or, le romancier n’est le porte-parole de personne et je vais pousser cette affirmation jusqu’à dire qu’il n’est même pas le porte-parole de ses propres idées. Quand Tolstoï a esquissé la première variante d’Anna Karénine, Anna était une femme très antipathique et sa fin tragique n’était que justifiée et méritée. La version définitive du roman est bien différente, mais je ne crois pas que Tolstoï ait changé entre-temps ses idées morales, je dirais plutôt que, pendant l’écriture, il écoutait une autre voix que celle de sa conviction morale personnelle. Il écoutait ce que j’aimerais appeler la sagesse du roman. Tous les vrais romanciers sont à l’écoute de cette sagesse supra-personnelle, ce qui explique que les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs. Les romanciers qui sont plus intelligents que leurs oeuvres devraient changer de qu’est-ce que cette sagesse, qu’est-ce que le roman ? Il y a un proverbe juif admirable L’homme pense, Dieu rit. Inspiré par cette sentence, j’aimerais imaginer que François Rabelais a entendu un jour le rire de Dieu et que c’est ainsi que l’idée du premier grand roman européen est née. Il me plaît de penser que l’art du roman est venu au monde comme l’écho du rire de pourquoi Dieu rit-il en regardant l’homme qui pense ? Parce que l’homme pense et la vérité lui échappe. Parce que plus les hommes pensent, plus la pensée de l’un s’éloigne de la pensée de l’autre. Et enfin parce que l’homme n’est jamais ce qu’il pense être. C’est à l’aube des Temps modernes que cette situation fondamentale de l’homme, sorti du Moyen-Âge, se révèle Don Quichotte pense, Sancho pense, et non seulement la vérité du monde mais la vérité de leur propre moi se dérobent à eux. Les premiers romanciers européens ont vu et saisi cette nouvelle situation de l’homme et ont fondé sur elle l’art nouveau, l’art du roman. … Tagué 20è siècle, années 80, écriture, culture, essai, Europe, extrait, littérature, littérature tchèque, Milan Kundera, Mois de l'Europe de l'Est, monde, pensées, roman, théorie littéraire Publié par laboucheaoreille le 12 mars 2022 Des textes d’Antonin Artaud Ces textes sont extraits de L’Ombilic des Limbes, paru chez Poésie/Gallimard. Mon exemplaire date de 2007 et je l’ai lu et relu à maintes reprises. Note sur Antonin Artaud Antonin Artaud 1896-1948 est un poète, acteur, écrivain, essayiste, dessinateur et théoricien du théâtre français. Il commence à souffrir de troubles psychiques et de dépression dès la fin de ses études, en 1914. En 1921, il rentre dans la compagnie de Charles Dullin et s’intéresse au Mouvement Dada. Il commence à publier des poèmes dès les années 20. En 1923, il commence à jouer au cinéma et tournera avec Dreyer, Pabst, Abel Gance. Il rentre dans la compagnie de théâtre des Pitoëff. En 1924, il rejoint l’aventure surréaliste, qui vient juste de voir le jour et il entre en littérature » à ce moment-là. L’Ombilic des Limbes et le Pèse-nerfs sont publiés en 1925. En 1927, Artaud rompt avec les surréalistes car ils se sont ralliés au Parti Communiste. En 1932, il publie Le Théâtre de la cruauté, qui devait avoir un grand retentissement. De 1937 à la fin de sa vie, il est interné dans divers asiles psychiatriques et subit des électrochocs à répétition, contre sa volonté. Source Wikipédia, résumé par mes soins. Page 103 Si l’on pouvait seulement goûter son néant, si l’on pouvait se bien reposer dans son néant, et que ce néant ne soit pas une certaine sorte d’être mais ne soit pas la mort tout à est si dur ne plus exister, de ne plus être dans quelque chose. La vraie douleur est de sentir en soi se déplacer sa pensée. Mais la pensée comme un point n’est certainement pas une suis au point où je ne touche plus à la vie, mais avec en moi tous les appétits et la titillation insistante de l’être. Je n’ai plus qu’une occupation, me refaire. ** Page 98 Le difficile est de bien trouver sa place et de retrouver la communication avec soi. Le tout est dans une certaine floculation des choses, dans le rassemblement de toute cette pierrerie mentale autour d’un point qui est justement à voilà, moi, ce que je pense de la pensée CERTAINEMENT L’INSPIRATION il y a un point phosphoreux où toute la réalité se retrouve, mais changée, métamorphosée, – et par quoi ? ? – un point de magique utilisation des choses. Et je crois aux aérolithes mentaux, à des cosmogonies individuelles. ** Page 106 Toute l’écriture est de la gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce ceux qui ont des points de repère dans l’esprit, je veux dire d’un certain côté de la tête, sur des emplacements bien localisés de leur cerveau, tous ceux qui sont maîtres de leur langue, tous ceux pour qui les mots ont un sens, tous ceux pour qui il existe des altitudes dans l’âme, et des courants dans la pensée, ceux qui sont esprit de l’époque, et qui ont nommé ces courants de pensée, je pense à leur besognes précises, et à ce grincement d’automate que rend à tous vents leur esprit,– sont des pour qui certains mots ont un sens, et certaines manières d’être, ceux qui font si bien des façons, ceux pour qui les sentiments ont des classes et qui discutent sur un degré quelconque de leurs hilarantes classifications, ceux qui croient encore à des termes », ceux qui remuent des idéologies ayant pris rang dans l’époque, ceux dont les femmes parlent si bien et ces femmes aussi qui parlent si bien et qui parlent des courants de l’époque, ceux qui croient encore à une orientation de l’esprit, ceux qui suivent des voies, qui agitent des noms, qui font crier les pages des livres,– ceux-là sont les pires êtes bien gratuit, jeune homme !Non, je pense à des critiques je vous l’ai dit pas d’œuvres, pas de langue, pas de parole, pas d’esprit, sinon un beau Pèse-Nerfs. ** Tagué 20è siècle, années 1930, Antonin Artaud, écriture, éditions Gallimard, folie, introspection, maladie, pensées, poème en prose, poésie, poésie du 20è siècle, psychiatrie, schizophrénie, surréalisme Publié par laboucheaoreille le 13 octobre 2021 Monsieur Teste de Paul Valéry Monsieur Teste est un essai de Paul Valéry d’abord publié en 1919, et qui réunit divers fragments lettre de la femme de Monsieur Teste, lettre d’un de ses amis, portrait de Monsieur Teste, quelques unes de ses pensées, etc. qui forment comme autant de facettes du personnage de Monsieur Teste, un homme entièrement tourné vers le fonctionnement de sa pensée et qui n’a pour ainsi dire pas d’émotion et pas d’affect, défini par Valéry comme ni bon ni mauvais », tout à fait au-dessus des contingences et des soucis de la société, uniquement préoccupé par des abstractions mais, pour autant, ne se fiant pas à la philosophie ou à la littérature. Voici la présentation de Gallimard Dans La Soirée avec Monsieur Teste, Valéry explique pourquoi, à la recherche du succès littéraire, auquel il aurait pu légitimement aspirer suivant le vœu de ses amis, il a préféré autre chose. La recherche du succès entraîne nécessairement une perte de temps Chaque esprit qu’on trouve puissant commence par la faute qui le fait connaître. En échange du pourboire public, il donne le temps qu’il faut pour se rendre perceptible…» M. Teste est un homme qui a mieux employé son temps J’ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l’esprit que nous ignorons. Sûrement, il avait dû consacrer des années à cette recherche plus sûrement, des années encore, et beaucoup d’autres années avaient été disposées pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts. Trouver n’est rien. Le difficile est de s’ajouter ce que l’on trouve.» Tel était bien sans doute le programme ambitieux que s’était assigné Valéry lui-même à l’époque où il rédigeait cette fameuse Soirée avec Monsieur Teste. Et voici un extrait page 60 C’est ce que je porte d’inconnu à moi-même qui me fait moi. C’est ce que j’ai d’inhabile, d’incertain qui est bien moi-même. Ma faiblesse, ma fragilité … Les lacunes sont ma base de départ. Mon impuissance est mon origine. Ma force sort de vous. Mon mouvement va de ma faiblesse à ma force. Mon dénuement réel engendre une richesse imaginaire ; et je suis cette symétrie ; je suis l’acte qui annule mes désirs. Il y a en moi quelque faculté plus ou moins exercée, de considérer, – et même de devoir considérer – mes goûts et mes dégoûts comme purement accidentels. … Publié par laboucheaoreille le 17 novembre 2018 Un loup à travers une loupe de Ghérasim Luca Un loup à travers une loupe est le titre d’un long poème en prose de Ghérasim Luca, extrait du recueil éponyme de ce poète roumain 1913, 1994, écrit en 1942 alors que le poète était fortement influencé par le Surréalisme, et publié chez José Corti. Comme ce poème fait plusieurs pages, je ne vous en donne que les premières strophes, en espérant qu’elles vous plairont assez pour vous donner envie de découvrir la suite. *** UN LOUP A TRAVERS UNE LOUPE Les phénomènes apparemment bizarres que je devine à l’intérieur d’une orange posée sur une assiette en métal me dévoilent la vie mentale comme si un échange spontané, depuis longtemps désiré, s’était produit entre le contenu de l’orange et celui de mon crâne. Est-ce une tête qui pense, l’orange ? Je pressens des circonvolutions ténébreuses qui obscurcissent encore plus les interrogations qu’elle se pose sous sa jeune écorce, seul écran chancelant dans ce tourbillon hallucinatoire de la réalité. Alors que dans une vraie tête un suc trouble s’écoule, parfumé d’une méditerrannée imaginaire vraisemblablement simulée, mes narines frémissent oiseaux auxquels on vient d’arracher les yeux, ces yeux tellement désagréables et si irrémédiablement fixes. La vie mentale d’un fruit, l’histoire végétale de la pensée ! … *** Publié par laboucheaoreille le 2 juillet 2017 Trois poèmes d’Oscar Ruiz Huidobro Oscar Huiz Huidobro est un poète qui m’a contactée par l’intermédiaire de ce blog, et dont j’ai apprécié le livre qu’il m’a envoyé. Ce recueil, intitulé Claire-Voie, a obtenu le Prix de poésie Stephen Liégeard 2012 et vous pouvez vous le procurer auprès de l’éditeur, qui est joignable à l’adresse Voici quelques poèmes extraits de ce recueil La saisie de quelques pensées prises à vif suffirait à prouver une propension toujours très exactement calculable de leur contenant à se débarrasser d’elles soit par les voies processus trajectoires circuits canaux et sorties excrémentiels soit par l’exercice d’une force attractive solidaire ou répulsive contraire ou adjuvante et toujours très exactement indéterminée indéterminable provoquant une pulvérisation sanglante des dites pensées sur parterre solide et désespérant fenêtre sans issue donnant sur cinq étages de vide. ** Baiser Sillon velouté Rose de douceur, Brunâtre noirceur D’un temple adoré Qu’effleure ma lèvre, Au contour sensible Où, fleur de genièvre, La baie visible Surveille alentour Ce gouffre d’amour. ** Mouche L’index droit sur la gâchette Les bombes dans le chargeur, Je vise là-bas la tête D’un type qui n’a pas peur. Presque aussi gros qu’une mouche Tout au fond de mon viseur, Je ferme l’œil et la bouche Et tire au top du guetteur. Le coup parti, la loupiote S’allume Raté mon pote, Ajuste mieux en hauteur ; Tu ne l’as eu qu’en plein cœur ! » Publié par laboucheaoreille le 6 octobre 2015 …ou ma rencontre avec Adam, premier opératif portant un tablier, forcé de gagner sa vie à la sueur de son front Le crâne est présent dans le cabinet de réflexion, il assiste silencieux à la rédaction de notre testament philosophique. Il est témoin de notre entrée dans les petits mystères. Nous le retrouvons plus tard au tableau de loge du Maître en tant qu’acteur de notre exaltation aux grands mystères. Nous tenterons une approche qui lie le symbolisme du crâne dans l’ésotérisme chrétien à sa perception maçonnique. Pourquoi lier les deux ? Simplement parce que l’ésotérisme chrétien a toujours dépassé la dimension religieuse pour toucher aux racines de la tradition première. Nombre de manuscrits maçonniques font une référence expresse au crâne appelé boîte d’os ». Le symbole prend toute son épaisseur lorsque vers les années 1735 s’installe dans les rituels de loge, le grade de Maître. La greffe est liée à la légende d’Hiram et au mystère de la triple voie. Le mot nouveau, objet de la quête, est prononcé de manière aussi décomposée que le corps de l’intéressé. A cette relation triangulaire dans la découverte de la parole perdue s’ajoute bien évidemment la résurrection des corps qui passe précisément par le médium des restes humains, laissant entendre que les os avaient des potentialités latérales occultes. Le crâne est le symbole des symboles par excellence, cette raison devrait suffire à son étude. Chacun peut constater que c'est la partie impérissable du corps. Un a priori se greffe alors sur le paradoxe de la mort et de la survie » du crâne. Le terme survie est choisi précisément s’agissant d’un état qui dépasse le cycle de la vie et qui déborde sur le cycle de la mort. Le crâne en particulier et l’os en général sont des médiums physiques et mentaux de la vie et de la mort voire même de la résurrection. Il sert de support aux trois états correspondants aux trois royaumes celui des vivants, celui des morts et le paradis. Le crâne se trouve au sommet du squelette et plus précisément de l’axe formé par la colonne vertébrale. On considère qu’il est le siège de l'âme, tout comme la grotte, la caverne et le cairn sont des demeures de l'Esprit. Le crâne est donc avec le cœur un réceptacle de vie, mais il symbolise aussi la mort physique, étape par laquelle il faut passer pour renaître à un niveau spirituel supérieur. L’image du crâne inonde l’infra conscience de chacun et il suppose l’idée de finitude de la vie et la naissance du destin. Plus qu’un symbole c’est un verdict auquel chacun tente de se soustraire. Fuite aussi inutile que futile, car ce rappel à la fin des corps de chair introduit la survie de l’esprit. La futilité de la fuite n’implique pas la futilité de la vie. Entre le corps et l’esprit se situe l’âme, idée aussi incertaine et faible que l’esprit survivrait au corps. Cette tripartition chrétienne pose le problème des résidus humains survivants au décès clinique. Ce problème est parfaitement illustré par la grande épopée des reliques qui marqua aussi bien le christianisme que le bouddhisme. On peut légitimement s’interroger sur les fondements d’une telle tradition. Le rattachement à la tradition des reliques de chacune des doctrines poursuit à mon avis deux objectifs. Le devoir de mémoire et le principe résurrectionnel. Le devoir de mémoire bien connu de francs-maçons implique l’attachement à l’objet en général et aux restes humains en particulier. Saint-Thomas-d'Aquin dit les objets n’ont de valeur que s’ils conduisent au Christ », inquantum ducunt ad christum. ». La résurrection des corps fut l’innovation d’un christianisme conquérant. Poursuivre le chemin en esprit diffère de l’idée de renaître au jour du jugement dernier. Être proche d’une relique d’un saint ou la posséder dans son église assura au culte chrétien notamment, une fréquentation et une abnégation des fidèles. Les reliques sont le fonds de commerce de l’église du Moyen-Âge et particulièrement de l’époque gothique. Nombre de constructions furent financées par le commerce des reliques ou leur mise en valeur en exposition payante auprès des fidèles. Le mercantilisme lié aux reliques développa l’attrait du résidu osseux auprès des croyants et fut l’assise matérielle de l’autorité spirituelle des évêques et du Pape face au pouvoir temporel des rois. Être roi de droit divin imposait que l’on consacrât ces derniers en présence du Pape et des reliques. L’abbaye de Saint-Denis est le témoignage irréfragable de la lignée des reliques. En ce lieu sont enterrés 153 rois et reines de France dans la lignée mérovingienne, carolingienne, capétienne et des Bourbons. Ils venaient se faire remettre les attributs de leurs pouvoirs temporels par le légat du Pape, soit la couronne et la pourpre, en présence des ancêtres et de la Sainte Ampoule. L’objet devient sacré et se chargeait naturellement de la force mentale et psychique de ses admirateurs. Qu’elle fût authentique ou pas, elle devient ce que les prières et incantations voulaient qu’elle fût. C’est ainsi que les objets ou les lieux se chargent des flux spirituels qui les caractérisent. Ces chargements » portent sur l’objet d’orfèvrerie le reliquaire, le reste humain l’os fragmenté, cheveux, ongles et le lieu l’église ou la cathédrale. Ils se conjuguent pour devenir puissance agissante dans la vie du croyant. Les trois phénomènes conjugués du résidu humain du saint, de la représentation précieuse du reliquaire et du tellurisme du lieu, amplifient le pouvoir de transport et de communication dans les mondes intermédiaires. Il s’agit bien d’intermédiation entre l’homme et le divin. Au même titre que les anges sont messagers divins, les reliques en appellent au défunt, comme si la mort ne l’avait pas complètement atteint et qu’il pouvait encore intercéder pour nous. Le défunt par ses reliques se trouvait à cheval sur la frontière de la vie et de la mort. La médiation était le but premier de la vénération des reliques. Face à cette valeur sacrée de la relique officielle, demeure le reste osseux de proximité immédiate qui par son caractère anonyme est fuie comme on fui la mort qu’il représente. Celui-ci n’est pas mis en valeur, il est caché dans les replis de la terre. Hormis certaines professions on se garde bien de fréquenter des ossements. Le rappel à la mort des ossements justifie leurs présences dans le cabinet de réflexion. Tout ce qui est vivant sur terre finit par mourir sans complètement disparaître. Par le jeu de la putréfaction reste le squelette qui finit par blanchir. Sans crémation le corps laisse une trace bien identifiable. D’instinct on s’interroge sur notre propre fin dont on peut juger de l’esthétique. C’est tout l’art des memento mori » ou cabinet de vanité que de rappeler cette échéance. Le christianisme auto flagellant met en avant la tripartition du monde avec le paradis, l'enfer, et la terre. Derrière le thème de la chute se profile le salut de l'âme. Ce système amène la mort au premier plan des préoccupations. Dans ce contexte, un but moralisateur chrétien s’impose à l’opposé aux thèmes grecs et romains. Souviens-toi que tu mourras », la phrase était répétée par un esclave au général romain lors de la cérémonie du triomphe dans les rues de Rome. Debout derrière le général victorieux, un serviteur devait lui rappeler que, malgré son succès d'aujourd'hui, le lendemain serait un autre jour. Le serviteur le faisait en répétant au général qu'il devait se souvenir qu'il était mortel, c'est-à-dire Memento mori Une destinée glorieuse n’efface pas la mort. Les Grecs face à la mort avaient imaginé le thème du carpe diem ». D’après Horace, cette mort devait nous inciter à vivre pleinement Maintenant il faut boire, maintenant il faut frapper la terre d'un pied léger ». S’il existait une vie éternelle après la mort, il fallait en profiter maintenant parce qu'il n'y aura dans ce monde futur ni boisson ni danse. Vivre le temps présent dans l’oubli de l’au-delà ou vivre l’au-delà dans le temps présent ? C’est toute la question qui oppose la philosophie grecque au point de vue doctrinaire de l’église. La franc-maçonnerie comme les mythes d’Eleusis autrefois, réussit l’exploit de lier les deux approches dans le grand cycle de la vie et de la mort, tout ce qui périt finit par renaître symbole de la faux et du blé, mais aussi du sablier. L’homme ne se résout pas à sa fin, non pas par manque de sagesse, mais parce qu’il imagine qu’il subsiste quelque chose d’irréductible dans ses derniers restes. Il enterre ses défunts et prévoit ce qu’il faut pour sa nouvelle vie, une épée, des bijoux, des vivres une barque solaire, etc. Il va jusqu'à ériger des pyramides, un tertre, un cairn pour l’honorer et le protéger. Le corps décédé conserve, via sa part irréductible qui est le crâne, une potentialité d’existence dans un état autre, différent et invisible. Cette invisibilité aux vivants se traduit par l’enterrement ou la mise en caverne. Cette dissimulation est à la fois un retour à la matrice, mais surtout la version terrestre de la montagne céleste. Les monts sacrés sont des lieux de contacts et de médiations avec le céleste, la cavité souterraine est le même symbole dans un ordre inférieur. Ainsi céleste, terrestre, et subterrestre sont pris dans un même axe-chemin L’Axis Mundi. C’est dans l’os, dernier témoignage de son passage sur terre que ce situe la part résiduelle de l’être. Ainsi l’os est d’une nature autre qu’un simple amas calcifié. La porosité moléculaire du tissu osseux et le pouvoir de représentation mentale qu’il déclenche suggèrent que le reste humain est habité par une forme indéfinissable de présence, entité dégénérée et errante de l’âme ou de l’esprit humain. Face à l’os et plus précisément face au crâne et ses orbites énigmatiques, une présence se dessine… Quant il est dit la chair quitte les os » dans la légende d’Hiram ou que le cadavre pue » ou commence à sentir », il me semble qu’allusion est faite à la présence d’entité liée à l’os. Ainsi il n’est pas complètement mort, il reste quelque chose de lui qui est d’une nature différente de la chair agissante. Des restes s’exhale quelque chose qui met en éveil nos cinq sens et plus particulièrement notre instinct. Il est possible aussi de faire le rapprochement avec le principe alchimique du solve et coagula, soit la dissolution des chairs pour une nouvelle recomposition de ses éléments. Il y aurait ainsi une purification par la terre, du moins pour notre Hiram. C’est l’œuvre au noir la matière prend la couleur et l’apparence de la Mort. Les restes osseux sont le précipité de l’être. L’enterrement de l’impétrant dans les replis de la terre est l’accomplissement de son Œuvre au Noir ». Là, hors du temps, il doit se morfondre », c'est-à-dire se fondre et se dissoudre dans la mort. Face au principe de la décomposition organique, il existe une autre tradition qui s’appuie non pas sur l’élément terre, mais sur l’élément feu. L’incinération du corps et la calcination étaient supposées purifier le corps et libérer l’âme qui repart vers sa source lumineuse. Le Caput mortem »est bien signifiant et rayonnant dans le cabinet de réflexion. Il contenait le cerveau, donc la vie s’y cachait. Purifié, ce crâne rectifié-purifié par l’Oeuvre, mérite d’être calciné. Le crâne et la cendre représentent une seule et même matière, à deux stades de son élaboration. Le Livre de la Toison d’or nous annonce le processus Notre corps deviendra premièrement cendre puis sel et après par ses diverses opérations devient enfin le Mercure philosophale, c’est-à-dire, que le métal doit être calciné, réduit en sel et enfin travaillé en sorte qu’on en fasse le mercure philosophal. ». La légende d’Hiram suivant les rites, propose le transfert de l’esprit d’un corps à l’autre ou du moins l’évocation de la poursuite de l’œuvre inspirée par l’idée du relèvement du maître devenu Hiram. Ce qui est retrouvé dans le reste d’un cadavre c’est une parole qui à défaut d’être prononcée par le décédé peut être qu’épelé par trois frères. L’absence de prononciation en une seule fois n’implique pas la méconnaissance du mot. Simplement il ne peut être prononcé dans ce monde, il appartient à un autre état, supérieur c’est certain. Cette différence d’état de l’existence est validée en franc-maçonnerie par le fait d’épeler, par lettres ou par syllabes. Donc l’état du corps et le langage pratiqué suggèrent la présence d’un autre état de l’existence. Le témoignage de cet état réside dans l’os et plus précisément dans le crâne. La médiation entre deux mondes est donc plus que soulignée par le relèvement du maître, fut-il intérieur. De l’horizontalité qui est le domaine des petits mystères, on passe à la verticalité axiale. C’est aussi le passage de la porte basse à la porte étroite. Ce maître squelette est le témoignage d’un autre soi dans une dimension différente et sans chair. C’est l’apanage des grands mystères de mettre en avant la superposition des niveaux d’existence par les différences d’états, de signes ou de langages. C’est une chance que la franc-maçonnerie de tradition ait conservé la mémoire des portes d’accès grâce à l’interprétation symbolique. Le crâne a ceci de particulier qu’il diffère des autres ossements par la forme et sa fonction. C’est avant tout une boite. Une boite d’os pour les anciens francs-maçons dans laquelle était dissimulée une clef, la clef de la loge, autrement dit la clef du temple de Salomon, donnant l’accès au Saint et la vision du Saint des Saints. Ce lieu dissimulé au regard profane, conduit aux vérités supérieures. Il convient donc de poursuivre notre recherche dans les manuscrits anciens des loges opératives d’Angleterre et d’Écosse à une époque où l’hégémonie de la Grande Loge de Londres puis d’Angleterre n’avait pas encore épuré les précieux fonds archaïques et primitifs de nos rites maçonniques. La relation au Crâne et à l’os est faite constamment avec l’arrivée du mot de maçon à l’issue des statuts de Schaw ]de 1599. Il est intéressant de constater que déjà certaines loges accueillent des maçons acceptés en leur sein. Ces maçons acceptés sont fort utiles pour la survie des loges, mais ils sont pour la plupart plutôt cultivés et sensibilisés au rosicrucianisme et à l’hermétisme alchimique. C’est d’ailleurs une grande mode dans les cours européennes que de s’intéresser à cet ésotérisme. Il ne sera pas étonnant de retrouver dans les manuscrits maçonniques de l’époque, des traces de leurs apports. A la lecture des manuscrits, on constate que le crâne est associé au secret contenu dans une boîte dont il faut trouver la clef. Cette clef, finalement semble n’être ni d’or ni d’argent, symboles respectifs de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel, mais d’ivoire. L’ivoire ou la corne a toujours été considéré comme une matière semi-précieuse et hautement symbolique. Cette matière n’est rien d’autre qu’une référence à une excroissance de l’os dont on connaît les pouvoirs depuis la nuit des temps. L’ivoire est tiré des dents et des cornes ou défenses. Les cornes sont une excroissance de l'os frontal des cervidés, elles sont ramifiées et évoquent les branches des arbres et finalement la couronne d’un roi. Cette couronne fait le lien entre le ciel et la terre, avec l’homme roi couronné pour médiateur. La clef d’ivoire ouvre cette médiation axiale à partir du crâne. Support latéral » d’une réalité qui dépasse l’apparence d’une vie profane, puissance rayonnante du résidu humain, condensé ou même précipité du corps de l’âme et l’esprit, support de résurrection future, le crâne représente les forces occultes qui soutendent l’action de l’homme sur son destin. La clef seule ouvre la loge et la loge ou le temple est apparenté au crâne cavité-caverne et boite à secrets. Nous rejoignons ainsi la légende grecque de la boite de pandore, qui une fois ouverte fait échapper les esprits maléfiques qui rendront l’homme à sa jalousie et à son envie. Nous citons 5 manuscrits anciens qui font apparaître une relation entre la boite d’os, la clef-langue et le cœur. Le manuscrit des archives d'ÉDIMBOURG 1696 Q. 13 Où trouverai-je la clef de votre loge ? R A trois pieds et demi de la porte de la loge, sous un parpaing et une motte verte. Mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon coeur. Q. 14 Qu'est la clé de votre loge ? R Une langue bien pendue. Q. 15 Où se trouve la clef ? R Dans la boîte d'os. Le Manuscrit CHETWODE CRAWLEY 1700 Q. 13 Où trouverai-je la clef de votre loge ? R A trois pieds et demi de la porte de la 3 loge, sous le parpaing et une motte verte. Q. 14 Qu'entendez-vous par un parpaing et une motte verte ? R J'entends non seulement sous un parpaing et une motte verte, mais sous le repli de mon foie là où gisent cachés tous les secrets de mon cœur. Q. 15 Qu'est la clef de votre loge ? R Une langue bien pendue. Q. 16 Où se trouve la clef de votre loge ? R Dans la boîte d'os. Le manuscrit DUMPHRIES 1710 Q 10. Où repose la clef de votre loge ? R Dans une boîte d'os recouverte d'un poil hérissé. Q 11. Donnez les caractéristiques de votre boîte. R Ma tête est la boîte, mes dents sont les os, mes cheveux sont le poil, ma langue est la clef. Le manuscrit DE TRINITY COLLEGE 1711 Q Où gardez-vous la clef de la loge ? R Dans une boîte d'os, à un pied et demi de la porte de la loge. Q Quelle distance y a-t-il du câble à l'ancre ? R Autant que de la langue au coeur. Le manuscrit WILKINSON 1727 Q Où gardez-vous vos secrets en tant que Maçon ? R Dans une boîte d'os qui ne s'ouvre ni ne se ferme sans clef d'ivoire ; neuf pouces ou une boucle à ma bouche la clef d'ivoire est pendue par un câble de neuf pouces ou une boucle. Ce câble ou boucle est la langue. Nous conclurons que si la langue est la clef, alors la prononciation du mot est la connaissance. Encore faut-il que la connaissance puisse investir la boite crânienne pour en ressortir en mot prononcé, mais d’après notre tradition, la clef du langage de la connaissance passe par le cœur. Le Crâne est le lieu de conjonction et d’embouteillage des cinq sens. Nous constaterons que cette boite est certes reliée à l’extérieur, mais reste hermétique et sombre lorsque l’on se place à l’intérieur. Nous touchons alors à la limite étriquée d’une boite protectrice chargée d’interpréter le monde et d’accumuler du savoir dans le cadre de la survie. Le cœur heureusement se chargeant de la vie, élabore la connaissance qui donne une vision fulgurante d’un tout. Toute la question ésotérique sera de démontrer que le cœur et le crâne vont pouvoir se rejoindre dans une unité de langage ... ... Il nous faut maintenant détailler cette boite d’os et rechercher dans la qualification de ses parties constitutives, des analogies symboliques avec la tradition maçonnique. Topographie symbolique du crâne La boîte crânienne ou neurocrâne comprend deux parties constitutives d’un monde en soi. Nous utilisons la documentation éd Wp Mars 2011, pour adosser nos commentaires symboliques. La voûte crânienne ou calvaria qui à la même racine que le calvaire sur lequel le Christ fut mis en croix et crucifié formée de plaques osseuses telles des continents, soudées entre elles par des sutures interdigitées extrêmement solides. La voûte qu'elle fût étoilée comme dans une loge maçonnique ou le tombeau d’un pharaon représente le ciel face au plancher du crâne. A la naissance, les os de la calvaria sont séparés par les fontanelles, qui permettent la croissance de la boîte crânienne. Certains y voient une image de la porte étroite, comparée au chakra coronal, c'est-à-dire la fontanelle des bébés, par laquelle la conscience purifiée après tout le trajet de la colonne vertébrale et l'éveil des divers nœuds d'énergie qu'elle supporte s'échappe au moment de la mort physique. On notera que c’est sur cette fontanelle que nombre de cérémonies maçonniques imposent l’apposition de l’épée flamboyante en vue de la transmission. La fontanelle est rouverte l’instant d’un éclair par l’épée rayon. Elle devient clef de voûte et pierre du dôme, lieu du croisement de l’épée sur la tête. C’est aussi un chakra axial qui fait le lien entre la terre et le ciel. Il est intéressant de souligner que la voûte protectrice des regards profanes est présente dans certains grades supérieurs. Dans les légendes européennes et asiatiques, le crâne humain est un homologue de la voûte céleste. Il est une caverne en miniature qui, elle-même, est une représentation en miniature du Ciel. Comme le cerveau, schématiquement la voûte comprend quatre parties ou pôles, nous sommes donc dans une quadripartition polaire qui nous relie à l’anthropomorphisme cosmogonique. C’est une image du monde que le crâne nous propose. Quatre zones significatives sont à retenir la zone frontale, à l'avant formée des os frontaux, ethmoïdes, sphénoïde et percé de cavités pneumatiques creuses les sinus ; le pariétal droit et gauche, latéralement os pariétal et temporal formant les tempes, zones les plus fragiles de cette boîte ; l'occipital à l'arrière os occipital. Le plancher ou base du crâne, formé de trois fosses crâniennes, il est à noter que Hiram au REP se trouve dans la fosse-cavité, il reste donc deux autres fosses pour Hiram de Tyr et Salomon, correspondantes aux trois montagnes sacrées ou sont enterrés ces trois sages. Ainsi la voie ascendante est balisée tant pour les profanes par la montagne que pour les initiés par la fosse Vue endocrânienne du plancher d'un crâne humain avec les trois fosses. o La fosse crânienne antérieure, o La fosse crânienne moyenne, o La fosse crânienne postérieure. Le plancher est donc limité par l'os occipital en arrière et la partie supraorbitaire de l'os frontal en avant. Il est percé de trous laissant passer les différents éléments innervant ou permettant la circulation sanguine à l’intérieur du crâne. On retrouve selon un axe antéro-postérieur ces nerfs qui sont les liens informatifs avec le milieu extérieur. Cela veut dire que le cerveau seul et non relié à l’extérieur est aussi aveugle que les protagonistes de la caverne socratique. Inversement l’ensemble des informations qui sont captées par les nerfs et les sens, est déformé par les filtres qu’ils sont obligatoirement devenus. Les sens se déversent dans une cavité à perception limitée, car aucune boite à os ne peut avoir une vision globale du tout. Passent ainsi, le 1er nerf crânien, le canal optique, les nerfs oculomoteurs, le nerf maxillaire, le nerf mandibulaire, l'artère méningée moyenne, les nerfs faciaux, la veine jugulaire interne et par le trou occipital, en continuité avec la colonne vertébrale représentative de l’axis Mundi, pars lequel passe la moelle allongée et les deux artères vertébrales, etc. Le massif facial est formé de 14 os qui identifient socialement l’individu. Le visage est cette partie que l’on masque lorsque l’on ne veut pas être reconnu, c’est aussi cette partie qu’on maquille pour jouer un rôle dans certains théâtres d’ombre et de lumière… Janus nous a appris que l’on peut avoir deux visages. Le masque, grec ou latin est, plus encore que le costume, un procédé de caractérisation du personnage. Il permet d'identifier, d'entrée de jeu, le héros antique et de nos jours le personnage joué par l’individu. Ici le moi et l’en soi, l’individu et la personnalité se retrouvent à nu, débarrassés de leurs tissus, et pourtant par leurs intitulés ils expriment les sentiments et les besoins du vivant. Ils sont l’expression même du vivant. La plupart des os du visage sont pairs Os lacrymaux pleurer, zygomatiques rire, nasaux respirer, maxillaires goûter se nourrir, et d'autres sont uniques Vomer, Mandibule parler Face à ce descriptif détaillé, nous constatons que le Crâne est un monde en soi, avec sa géographie propre et ses continents. Il en est de même du cerveau qu’il contenait. Le crâne-caverne dans lequel se projettent les ombres portées par les nerfs de nos sens trompe notre jugement et nous incite à agir sous de fausses informations. Ce que doit faire le franc-maçon c’est de tenter d’agir dans le monde autrement, avec l’intelligence du cœur. Sauf à rouvrir définitivement cette fontanelle soudée par l’âge et la perte de l’innocence ? il me semble utile de réserver au vase du cœur et à ses pulsations, la décision instinctive qui contribue à la conversion du regard. Le crâne symbolise le temps destructeur et la vanité de tout attachement humain aux choses périssables. Il peut être également l'attribut de la mélancolie ou connoter la repentance, la méditation et la préparation à la mort Memento mori. Mais le crâne figure aussi aux pieds de Jésus mort sur sa croix. C'est en référence au péché initial qu'il aurait racheté par sa crucifixion suivant la tradition chrétienne. Ce péché est celui d'Adam. La boucle est bouclée. C’est ici le point crucial de notre démonstration. La crucifixion du christ pour racheter le péché des hommes et en premier lieu celui d’Adam qui a fauté se déroule sur le Golgotha qui se traduit littéralement par le mont du crâne. L’iconographie religieuse du Moyen-âge et de la Renaissance représente abondamment la scène de la crucifixion avec au pied de la croix le crâne d’Adam. Cette triple conjonction du crâne porteur de la mémoire fautive d’Adam, du sacrifice du Christ pour le rachat et enfin du Golgotha grotte et montagne, trouve son lien naturel dans le sang qui s’écoule du flanc du christ dans la boite crânienne d’Adam. Ainsi, le sang de Jésus en croix, Nouvel Adam, a pu s’écouler sur le crâne du premier Adam. Cette boite d’os devient alors un calice. Nous savons que la coupe et le calice sont associés par leur forme de triangle descendant, au cœur. Alors est-il possible que le crâne se représente comme le triangle montant ? Le versement du sang dans ou sur le crâne d’Adam consacre cette superposition de l’un à l’autre, comme les deux triangles superposés et entrelacés du sceau de Salomon. Le centre des deux triangles cerveau et cœur, répond à l’axe du bois de la croix plantée au Golgotha à l’aplomb de la voûte protégeant le crâne. Les deux axes de la croix et de la lance ne feront qu’un. Le percement du flanc et donc symboliquement du cœur du Christ par la lance du légionnaire Longinus vaut pour symétrie symbolique le dernier coup asséné su la fontanelle de Hiram par le troisième des mauvais compagnons. D’ailleurs la terre du tertre du Golgotha se fendit au moment de la crucifixion ramenant l’idée de la réouverture de la fontanelle du crâne d’Adam. Les coups ainsi portés, frappent simultanément le centre commun aux deux triangles inversés, la tête et le cœur. Ainsi est résolu le rachat du péché originel qui a fait perdre à l’homme l’âge d’Or de l’humanité. Cette relation triangulaire de cause à effets inverse la représentation du crâne d’Adam. Il n’est plus l’expression d’un reste de culpabilité occulte, mais plutôt un signe palpitant d’espoir dans la recomposition des événements, cette fois-ci dans un sens cyclique heureux, ce qui correspond à la signification profonde du sceau de Salomon qui contient un cœur battant au rythme des grands cycles. Ainsi le crâne du cabinet de réflexion n’est autre que celui du premier homme qui côtoya Dieu au point d’en perdre la proximité. C’est aussi le nôtre. Il est à la fois porteur de la faute originelle, ce qui nous en éloigne instinctivement, mais il reçut le pardon par le sang versé, ce qui nous en rapproche. À notre niveau s’exprime, enfouie dans les profondeurs de notre infra conscience, le souvenir de ces deux instants du cycle. Comme les mouvements d’un cycle, d’instinct nous nous éloignons des restes osseux et du crâne particulièrement, puis fascinés par ce qu’il signifie, nous nous en rapprochons pour n’être que lui. La clef qui ouvre le passage est en lui, mais c’est le cœur qui œuvre… Source

a la recherche du savoir dissimulé dans le crane